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Pas de routine à 10 étapes, juste quelques gestes : le vrai secret des Brésiliennes aux cheveux crépus en bonne santé

Pas de routine à 10 étapes, juste quelques gestes : le vrai secret des Brésiliennes aux cheveux crépus en bonne santé
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Depuis quelques semaines, mon fil YouTube ne me montre plus que ça. Des Brésiliennes aux cheveux crépus qui descendent jusqu'au milieu du dos, qui filment leur douche du matin, et qui racontent, presque en s'excusant, qu'elles n'ont aucune routine capillaire à proprement parler. Pas d'étagère remplie de vingt produits. Pas de rituel du dimanche qui dure trois heures. Juste un geste rapide, parfois deux, et des longueurs qui donnent le vertige.

J'ai regardé beaucoup trop de ces vidéos ces dernières semaines, et à un moment j'ai eu envie de creuser vraiment le sujet plutôt que de me contenter de les regarder en boucle. Parce que dans mon entourage, j'entends tout le temps des femmes dire qu'elles ont l'impression de tout faire comme il faut et que leurs cheveux crépus ne poussent toujours pas. Alors si ces Brésiliennes ont trouvé un raccourci, autant comprendre ce qu'il y a vraiment derrière.

Et la réponse n'est ni magique ni culturelle au sens où on l'imagine. Elle est même assez simple une fois qu'on comprend un point que presque personne n'explique correctement : le problème des cheveux crépus n'a jamais vraiment été la pousse. C'est la casse.

Le mythe de la routine parfaite qu'on nous vend depuis des années

 

Depuis que le mouvement natural hair a pris de l'ampleur, on nous a vendu une équation assez simple. Cheveux crépus égale routine longue. Plus la routine est longue et chargée en produits, plus les cheveux seraient en bonne santé. Shampoing, après shampoing, masque, leave in, crème, gel, huile, sérum pointes, chacun avec sa fonction précise et son ordre d'application sacré.

Cette routine n'est pas fausse en soi. Mais elle a fini par devenir une norme culpabilisante, presque un test de légitimité. Si vous n'avez pas quinze produits dans votre salle de bain, vous auriez raté quelque chose. Et pourtant, en observant ces vidéos venues du Brésil, on tombe sur des femmes qui utilisent trois produits, parfois moins, et dont les cheveux crépus atteignent une longueur que la plupart des adeptes de la routine à dix étapes n'atteignent jamais.

Ce contraste m'a semblé trop flagrant pour être un hasard ou juste une question de génétique favorable. Alors j'ai regardé ce que l'on dit vraiment sur la croissance des cheveux texturés, et le décalage entre le discours qu'on nous vend et ce qui se passe réellement à l'échelle du fil de cheveu est assez éclairant.

 

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Ce qui freine vraiment la longueur des cheveux crépus, et ce n'est pas la pousse

 

Voici le point que je trouve le plus mal compris, y compris parmi les femmes qui s'occupent très sérieusement de leurs cheveux crépus depuis des années. Le cheveu crépu pousse à peu près à la même vitesse que n'importe quel autre type de cheveu, autour d'un centimètre par mois. Ce n'est donc pas la vitesse de pousse qui explique pourquoi certaines chevelures stagnent au même endroit depuis deux ans.

Ce qui explique la stagnation, c'est la rétention de longueur, autrement dit la capacité à garder ce que le cheveu produit plutôt que de le perdre en cours de route par la casse. Et sur cheveu crépu, cette casse se concentre à des endroits très précis, les fameux points de torsion de la boucle. À chaque virage de la spirale, la fibre capillaire subit une tension mécanique, et la cuticule, cette couche protectrice qui recouvre le cheveu, s'étire et s'ouvre légèrement. Ces points deviennent des zones de fragilité qui cèdent au moindre frottement.

Il y a un deuxième mécanisme, tout aussi déterminant. Sur cheveu lisse, le sébum produit par le cuir chevelu descend naturellement le long de la fibre et hydrate les longueurs. Sur cheveu crépu, la forme en spirale empêche ce sébum de circuler correctement jusqu'aux pointes. Résultat, les pointes souffrent d'une sécheresse chronique qui les rend cassantes bien avant qu'elles n'aient eu le temps de s'allonger vraiment. C'est exactement ce que détaille un article brésilien spécialisé que j'ai lu sur le sujet, qui explique bien que la vitesse de pousse n'est jamais le vrai problème, c'est la casse qui vient l'annuler en permanence.

Autrement dit, une routine chargée en produits ne résout pas forcément ce problème. Elle peut même parfois l'aggraver, si elle s'accompagne de manipulations fréquentes, de chaleur répétée, ou de démêlages trop agressifs. Ce que font intuitivement ces Brésiliennes sans le formuler avec ce vocabulaire, c'est justement limiter ces deux sources de casse. Pas en ajoutant des produits, mais en retirant des gestes.

 

 

Les trois gestes qui remplacent l'armoire à produits

 

En regardant de plus près ce que ces vidéos ont en commun, et en croisant avec ce que disent les sources spécialisées en soin capillaire texturé, j'ai identifié trois habitudes qui reviennent presque systématiquement, bien plus que n'importe quel produit miracle.

La première, c'est ce qu'on appelle la manipulation minimale. Concrètement, cela veut dire des coiffures qui bougent peu au quotidien, un brossage rare, et le moins de chaleur possible. Chaque passage de brosse, chaque coup de lisseur, chaque frottement répété use un peu plus les points de torsion dont je parlais plus haut. Une ressource spécialisée en soin capillaire texturé explique très bien la différence entre les coiffures dites protectrices, portées plusieurs semaines sans y toucher, et les coiffures à manipulation minimale comme un chignon ou un wash and go, qui demandent peu d'entretien dans la semaine. Les deux poursuivent le même objectif, garder les cheveux éloignés des sources de friction, qu'il s'agisse des mains, des vêtements ou des outils de coiffage.

La deuxième habitude, c'est la protection nocturne. Une nuit sur un oreiller en coton, ce sont des heures de frottement répété pendant le sommeil, sans qu'on s'en rende compte. Un foulard ou un bonnet en satin, ou à défaut une taie d'oreiller en satin, réduit énormément cette friction invisible. C'est un geste qui prend trente secondes avant de se coucher, et qui pèse pourtant plus lourd sur la rétention de longueur que la plupart des soins qu'on applique le matin.

La troisième habitude, celle qu'on sous estime le plus en France je trouve, c'est l'entretien professionnel régulier. Beaucoup de ces vidéos montrent des femmes qui passent chez une coiffeuse tous les deux ou trois mois pour une coupe des pointes et un diagnostic, plutôt que d'accumuler les produits à la maison sans jamais couper. Or des pointes abîmées cassent en cascade vers le haut si on ne les retire pas. Couper régulièrement quelques millimètres n'est pas un sacrifice de longueur, c'est justement ce qui permet de la conserver sur la durée, en évitant que la casse ne remonte le long de la fibre.

Aucun de ces trois gestes ne coûte cher, et aucun ne demande une étagère de produits. C'est probablement ce qui rend ces vidéos aussi déstabilisantes pour beaucoup d'entre nous, moi la première au départ. On a l'habitude de penser que plus on fait, mieux c'est. Ici, c'est presque l'inverse qui se vérifie.

Ce qui ne veut pas dire non plus qu'elles n'utilisent absolument rien après le shampoing. En y regardant de plus près, ce qui revient presque à chaque fois dans ces vidéos, ce n'est pas un empilement au hasard, c'est une technique précise que la communauté cheveux texturés appelle la méthode LOC, pour liquide, huile, crème. On hydrate d'abord les cheveux avec de l'eau ou un spray hydratant, on scelle ensuite avec une huile, coco, avocat ou ricin selon les cheveux, et on termine avec une crème ou un beurre végétal qui verrouille le tout. Trois produits, un ordre précis, et c'est terminé. Il existe aussi une variante, la méthode LCO, qui inverse l'huile et la crème, plutôt recommandée pour les cheveux à faible porosité qui se chargent vite. Le bon ordre dépend surtout de la porosité du cheveu, c'est à dire sa capacité à absorber et retenir l'humidité, et c'est probablement la seule vraie décision technique à prendre. Ce n'est donc pas l'absence totale de produit qui fait la différence avec la routine à dix étapes, c'est le fait de s'arrêter à trois gestes ciblés au lieu d'empiler indéfiniment.

 

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Ce que je ferais différemment si je devais tout recommencer

Si je devais résumer ce que ces vidéos m'ont appris en une seule phrase, ce serait celle ci. Arrêter de chercher quoi ajouter, et commencer à chercher ce qu'on peut retirer. Concrètement, la première semaine, je conseillerais de repérer une seule coiffure qui tient plusieurs jours sans qu'on ait besoin d'y retoucher matin et soir. La deuxième étape, presque gratuite, c'est d'investir dans une taie d'oreiller en satin ou un bonnet, et de le porter vraiment chaque nuit, pas seulement quand on y pense. Et la troisième, souvent la plus repoussée, c'est de prendre rendez vous chez une professionnelle pour un vrai diagnostic de pointes, plutôt que de continuer à deviner seule ce qui ne va pas.

Aucune de ces étapes ne demande de tout changer d'un coup, et c'est probablement pour ça que la méthode tient dans la durée, contrairement à une routine à dix étapes qu'on abandonne au bout de trois semaines par manque de temps.

 

Est ce que ça marche aussi si on vit en France ou d'autres pays européens ?

 

Je ne veux pas non plus vous vendre un raccourci trop simple. Il y a des différences réelles entre le Brésil et la France ou d'autres pays européen qu'il serait malhonnête de passer sous silence. Le climat brésilien, plus humide dans de nombreuses régions, limite naturellement la sécheresse des longueurs, un facteur qui joue clairement en faveur de la rétention. L'accès à une coiffeuse spécialisée en cheveux texturés y est aussi souvent plus simple et plus ancré dans les habitudes du quotidien, alors qu'en Europe beaucoup de femmes ont encore du mal à trouver une professionnelle compétente près de chez elles.

Il faut aussi garder en tête un biais assez évident. Les vidéos qui deviennent virales montrent des cas impressionnants, pas la moyenne de toutes les Brésiliennes aux cheveux crépus. On ne voit jamais les chevelures qui stagnent, seulement celles qui ont explosé, ce qui donne une impression légèrement faussée de la facilité du processus.

Cela dit, les trois mécanismes de fond restent valables partout, quel que soit le climat ou le pays. Réduire la manipulation, limiter la friction nocturne, et entretenir ses pointes régulièrement fonctionnent sur un cheveu crépu parisien exactement comme sur un cheveu crépu à Salvador de Bahia. Ce qui change, c'est surtout l'effort supplémentaire qu'il faut parfois fournir en France pour compenser un climat plus sec, par exemple en étant un peu plus attentive à l'hydratation, sans pour autant retomber dans les quinze produits du départ.

 

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Les questions qu'on me pose le plus souvent sur le sujet

 

- Le cheveu crépu pousse-t-il vraiment moins vite que les autres types de cheveux ?

Non, la vitesse de pousse est globalement comparable, autour d'un centimètre par mois pour la grande majorité des personnes, quel que soit le type de boucle. Ce qui varie fortement d'une personne à l'autre, c'est la quantité de casse, pas la quantité de pousse.

- Faut il arrêter complètement les produits pour voir une différence ?

Non, il ne s'agit pas de tout arrêter du jour au lendemain. Il s'agit surtout d'arrêter les gestes qui abîment, comme la chaleur trop fréquente ou le démêlage à sec, plutôt que d'empiler les soins en espérant compenser ces dégâts.

- À quelle fréquence faut il couper ses pointes pour préserver la longueur ?

La plupart des professionnelles recommandent une coupe légère tous les trois à quatre mois environ, en fonction de l'état des pointes. L'objectif n'est pas de perdre de la longueur, mais d'empêcher une pointe abîmée de continuer à casser vers le haut.

- Qu'est ce que la méthode LOC exactement ?

LOC veut dire liquide, huile, crème. On hydrate d'abord le cheveu avec de l'eau, on scelle avec une huile, et on verrouille avec une crème ou un beurre végétal. Pour les cheveux à faible porosité, on inverse souvent l'huile et la crème, ce qu'on appelle alors la méthode LCO, pour éviter d'alourdir les longueurs.

 

Je pense que ce qui rend ces vidéos sur les cheveux des femmes brésiliennes aussi captivantes, ce n'est pas qu'elles révèlent un secret inaccessible. C'est qu'elles remettent en question une idée qu'on nous a répétée pendant des années, celle qui dit qu'une belle chevelure crépue se mérite à coup de temps et de produits. La vérité semble plus simple et, d'une certaine façon, plus rassurante. Ce qui compte vraiment, ce n'est pas d'empiler les produits hydratants en espérant compenser, c'est de réduire ce qui abîme la fibre au quotidien, la manipulation, la chaleur, le frottement

Et pour ça, le geste le plus rentable reste souvent celui qu'on néglige le plus, l'entretien régulier par une professionnelle qui connaît vraiment les cheveux texturés, capable de couper juste ce qu'il faut et de vous dire honnêtement où vous en êtes. Ça vaut sans doute la peine de prendre le temps de trouver une bonne adresse spécialisée près de chez vous, plutôt que de continuer à empiler les produits en espérant que ça suffise à compenser.

 


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